« L’harmonie fut ma mère dans la chanson des arbres et c’est parmi les fleurs que j’ai appris à aimer. »

Friedrich Hölderlin

mardi 25 mai 2010

Quête... d'amour ...


Pour le plus grand nombre l’amour est une quête, surtout une ATTENTE…
La recherche, assidue, d’une satisfaction qui comblerait tous nos manques en lesquels se glissent sournoisement l’idée que nous serions, en droit, de recevoir cet amour plutôt que de le donner sans attendre.

La sensation, l’idée du manque est si forte, si douloureuse, si envahissante…

C’est ainsi, en cette idée du manque que l’amour devient une sorte d’objet à acquérir impérativement !
Ô miracle, l’amour, que je vais rencontrer, que l’on va me donner, va combler mes rêves les plus intenses, mes attentes les plus opiniâtres, me procurer un florilège de satisfactions… quel soulagement !

La ronde, le règne, du « je t’aime, alors, aime moi », et plus tragiquement encore, le règne du « je t’aime à condition que tu sois et que tu m’aimes tel que je le désire » commence...
Et comme toutes les rondes, n’en finit plus de tourner...

Cette attente est un gouffre sans fond en lequel on accumule toutes les doléances, nauséeuses, récriminatoires, du croire savoir aimer, alors que l’on ne fait que quémander ce dont l’autre, le plus souvent, est aussi, en manque et cherche, et appelle… à tous prix !

Et l’impression généralisée du manque d’amour génère une entité personnelle qui est incapable d’aimer. » Ou qui n’aime que sous « conditions ».
Comme si l’autre devait être, comme nous-sommes, ou comme nous voudrions qu’il soit.

Et pourtant, pendant ce temps d’attente et de soif d’acquisition, l’amour est là, en Présence de Vie, il n’est ni un objet, ni un sentiment, ni un idéal.
Il est le mouvement spontané en tout ce qui est, et vit et ne peut se faire l’objet d’une récupération égotique, d’aucune sorte, ni moraliste, ni religieuse, ni philosophique …

L’amour est le mouvement, le chemin dont on peut percevoir la trace dans le mystère de chacun, là, où son devenir Humain « pro-vient » de ce qu’en sa profondeur, il EST amour…

dimanche 16 mai 2010

Ondes... de pensées


Elle, la pensée, se promène et fige en mots ses broussailleux allers retours.

Les plages du silence ne s’éternisent jamais dans l’ici et le maintenant.

Alors, Elle pense la pensée… Elle pense à toi, à vous, Elle pense à lui.

Et sous la plume qui ne trace jamais que les mots d’hier, Elle pense à toutes ces rencontres que la vie organise comme un brouillon de soi-même pour se mieux voir.
Se mieux connaître et reconnaître en de multiples facettes.


Pas toujours reluisantes les facettes, pas toujours plaisantes à regarder, mais tout de même, cette observation du moi par le monde, c’est fascinant.

Dans le doux de l’instant, le bon, le plaisant, lui, existait bel et bien et véhiculait d’harmoniques miroitements.

Persistante la mémoire… Elle pose au fond de l’œil le dessin du feutre bleu à pointe fine qu’il tenait entre ses doigts laissant l’encre bleue s’écouler en veines fines et peupler le carnet d’écriture le nourrissant de mots, de phrases courtes ou longues.
Mots et phrases brassent les idées qui trottent et se frottent au désir d’incarner les mots, de les enclore en poème, en roman, d’inscrire une histoire du temps… d’inscrire un moi dans l’histoire du monde.

Persistante la mémoire… Elle ouvre l’espace en lequel ils se parlaient, se taisaient aussi, au rythme de l’existence partagée qui va, et qui vient, des échanges qui vont et qui viennent. Un espace ouvert au privilège, de parler, de tout, comme de rien… l’extraordinaire privilège de participer au miracle des rencontres et d’entretenir le plus sincère des dialogues.

Persistante la mémoire… qui dessine la rencontre et la pose en esprit, là, comme si l’échange se tenait dans l’actuel et cherchait encore à effacer les mystères de l’un et de l’autre, énonçant en duo tout ce qui au quotidien de l’existence permettait le dévoilement.

Persistante la mémoire… qui sans nostalgie, enregistre simplement la Joie de l’échange…

La Joie des duos qui se forment, ou se déforment dans les replis du temps et ne déclinent que le mouvement imparable, inextinguible de l’éphémère sensation du réel …

La pensée, la mémoire, ne pense plus qu’à La Joie… qui résiste au temps qui passe.

Mutti

samedi 8 mai 2010

PAUSE



LES CHATS

Les amoureux fervent et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison;
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté,
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres;
L'Erèbe les eut pris pour ses courriers funèbres;
S'ils pouvaient au sevrage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin;

Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques,
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Étoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

C.Baudelaire - Les Fleurs du Mal


mardi 4 mai 2010

Lune du VESAK (ou Wesak)



Ambre a dit…
c'est quoi la fête de Vesak ?


Cycliquement, tel le mouvement du flux et du reflux des océans, l’énergie spirituelle des boddhisattva afflue sur ce monde permettant l’élévation de la conscience collective et individuelle selon l’aptitude que l'on a pu développer pour recevoir ces hautes et subtiles énergies…

Les traditions bouddhiques ainsi que certaines traditions chrétiennes font état que cet afflux d’énergies spirituelles est particulièrement actif au cours de la pleine lune montante, et gagne en puissance lors de la PLEINE LUNE, ce moment où l’énergie solaire inonde la face lunaire permettant à ce rayonnement subtil de se répandre sur la Terre.

La pleine lune de Pâques ainsi nommée, Fête du Wesak en Orient, est reconnue par les initiés de divers mouvements spirituels ésotériques comme l’évènement cyclique, annuel, le plus important pour l’humanité dans son ensemble, diffusant puissamment les énergies spirituelles dites de BONNE VOLONTE, en UNISSANT l’énergie Bouddhique de la SAGESSE et l’énergie Christique de l’AMOUR
De nombreux témoignages attestent de la puissance de ces cycles de diffusion des énergies spirituelles au bénéfice de l’élévation de la conscience objective, tant collective qu’individuelle, générant de ce fait, l’évolution permanente de la Conscience au sein de l’humanité incarnée…

Toute philosophie ou religion émane des énergies émises au cours des cycles du temps objectif. Energies reçues pleinement par des êtres d’exception aptes à en diffuser la puissance, quand bien même une certain nombre de récupérations mentales atténuent et font déraper la diffusion…
Au-delà de ces récupérations mentales qui anthropomorphisent ou déifient les « éveillés » récepteurs-émetteurs des énergies les plus hautes, telles que la Sagesse au temps du Bouddha Shakyamuni, ou l’Amour au temps du maître dit Jésus, il s’agit pour l’humanité incarnée d’en devenir le récipiendaire parfait (le vase alchimique en quelque sorte ;))… au cours et au rythme du temps objectif des cycles évolutionnaires… parfois « révolutionnaires » ! ;)


Puissent ces énergies du temps présent m'avoir éclairée ainsi que le plus grand nombre...

* * *
Cette Fête célèbre principalement la naissance, l'éveil et la mort du Bouddha, évènements qui selon la tradition se sont déroulés durant la nuit de la pleine lune du mois de vesaka (avril-mai, ce qui entre en correspondance avec la Fête de Pâques chez les occidents).
C'est l'instant de la réalisation de la nature impermanente et inconditionnée de tous les phénomènes...


[...] "Il perçut la présence de plusieurs êtres dans son propre corps : des vies organiques et inorganiques, des minéraux, des mousses, des herbes, des insectes, des animaux et aussi des humains. Il vit qu'au même instant d'autres êtres le contenait également et eut la vision des ses propres vies passées, de toutes ses naissances et de toutes ses morts. Il assista à la crréation et à la destruction de milliers de mondes et autant d'étoiles.
Il ressentit les joies et les peines de chaque être vivant - nés d'une mère, d'un oeuf, de la fission... se divisant eux-mêmes à leur tour en de nouvelles créatures.
Chaque cellule de son corps contenait le Ciel et le Terre, et voyageait à travers les trois temps : le passé, le présent et le futur. [...]
Il vit d'innombrables mondes naître et mourir, de multiples êtres connaître des milliards de naissance et de morts. Il réalisa que ces évènements n'étaient que des apparences extérieures et irréelles, semblables aux millions de vagues se formant et disparaissant à la surface de la mer éternelle. Si les vagues comprenaient qu'elles ne sont que de l'eau, elles dépasseraient les notions de naissance et de mort et connaîtraient la véritable paix intérieure, se débarrassant ainsi de toute peur.
Cette révélation permit à Gautama de transcender le cycle de la naissance et de la mort, et il sourit.
Son sourire était pareil à une fleur s'épanouissant dans cette nuit profonde qui s'illumina d'un halo de lumière.
C'était le sourire de la compréhension sublime, l'intuition de la purification de toutes les souillures." [...]

Thich Nhat Hanh - Sur les traces de Siddharta -


samedi 1 mai 2010

PREMIER MAI


Doux Week End à vous tous, Amies et Amis


Que ce bouquet virtuel accompagne
tous les brins de cette clochette de bonheur
que vous recevrez aujourd'hui


Tendresse

mardi 27 avril 2010

Que faire, maintenant ? ...


[…] « La tâche de notre existence consiste à utiliser ce qui nous a été donné pour nous éveiller.

S’il existait deux personnes exactement identiques – même corps, même parole, même esprit, même mère, même père, même maison, même nourriture, tout identique -, l’une d’elles pourrait utiliser ce qu’elle a pour s’éveiller et l’autre pour en éprouver encore plus de ressentiment, d’amertume et d’aigreur.

Peu importe ce qu’on reçoit, difformité physique, très grande fortune ou, au contraire, très peu d’argent, beauté ou laideur, stabilité ou instabilité mentale, vie dans une maison de fous ou bien au milieu d’un désert où règnent la paix et le silence.
Tout ce qui nous est donné peut nous éveiller ou nous endormir.
Tel est le défi que lance le maintenant : « Qu’allons-nous faire de ce que nous avons déjà – notre corps, notre parole et notre esprit ? » […]

Extrait de « Entrer en amitié avec soi-même » de Pema Chödrön

(chapître 7 – adopter une perspective plus vaste)


jeudi 15 avril 2010

Vacances...


Et voilà, c’est bientôt, c’est demain … l’heure des vacances

pour nos enfants et nos petits enfants…

Ah oui… pour les grands-mères aussi… m’ont-ils dit…

Alors c’est ainsi,

Je prends mes jeans, quelques pulls et un sac – euh ! Pas trop rempli…

Et avec ces arbres et ce jardin déjà tout fleuris, je vous dis,

A tout bientôt mes amies (is)


Tendres bises à tous


Mutti

mardi 13 avril 2010

Labyrinthe...



Il est en ce que nous nommons le mental, en ces vagues de pensées qui nous environnent incessamment, des zones de paix et des zones de turbulences et tout aussi incessamment chacun s'y promène, les uns consciemment, d'autres inconsciemment...

La zone de turbulence et le rythme chaotique de ses chants négatifs, destructeurs et haineux laisse celui qui se fourvoie sans conscience en cette zone, aux prises des vagues hurlantes et grimaçantes qui le heurtent, le frappent, le ballotent en tous sens, ne lui laissant presque plus que le choix de la souffrance où résident les pensées que l’erreur et le mal n’appartiennent qu’à l’autre.

La conscience, qui s'accorde aux divers rythmes harmonieux des chants d'amour, de paix, et des paroles magnanimes, permet la navigation en toutes zones, sans se perdre ni se laisser toucher par les effluves de l'irresponsabilité qui règne dans les zones de turbulences...
Parfois la rencontre de quelque compagnon de route que cette zone de turbulence se préparait à noyer sous les lames aigües de son flux négateur invite l’ami, lui ouvre les portes de sa maison, de son cœur. Conscient de ce mystère labyrinthique, il accepte de pénétrer la zone afin d’offrir une aide à ce compagnon qui lui semblait avoir lancé l’appel ...

Ce n’était que folle audace ou grande naïveté.

Dans le labyrinthe, les forces tumultueuses, tel un tsunami dévastateur, s’enroulent autour de l’audacieux, du naïf amoureux et le désarçonnent… puis sur un instant, l’instant d’une profonde et vive respiration… aspiration, inspiration, le flux vital réanime ce naïf audacieux et l’emporte sur la rive paisible, loin du labyrinthe…

L'esprit conscient se meut librement, absout de tous ressentiments.

Il vit joyeusement sa liberté d’être ce qu’il est.

Il rejoint toujours la compagnie de ceux qui invitent à entendre, à danser et à chanter l’harmonie vitale hors du labyrinthe, de cet espace où personne ne peut aider personne s’il ne trouve d’issue en lui-même, et s’exerce à rejeter toutes les formes que peut prendre… le fil d’Ariane…

vendredi 9 avril 2010



C'est même chose que d'aimer ou d'écrire.
C'est toujours se soumettre à la claire nudité d'un silence.
C'est toujours s'effacer.

Christian Bobin
Lettres d'or

vendredi 2 avril 2010

Miroir de l'Esprit


Quand au-delà de tous dogmes, de toutes pensées énoncées comme vérité que l’on saisirait telles ces opinions qui découpent et tranchent nos faires au quotidien.

Quand l’amour et l’amitié sa parèdre nous posent tranquilles, à l’écoute de ce que l’on voit, de ce que l'on ressent, de ce que l'on touche, de ce qui appelle, interpelle …

Quand l’œil, l’oreille et l’esprit se tiennent quiets abandonnant la course du mental et de ses croyances…
Quand la bouche ne délivre plus que des mots d’accueil et de tendresse…

Quand la main même abandonne tous gestes synonymes de belligérance, et ne s’ouvre plus que pour délier les chaînes de celui qui se pense et se croit prisonnier du monde et de ses souffrances…

Quand notre cœur ainsi s’offre à l’infini sans cause et honore tous les points intérieurs et extérieurs de l’espace, la source du Miroir de l’Esprit, en tous les reflets, apparaît…

dimanche 28 mars 2010

Le Pèlerin du Temps



L’homme est un pèlerin du temps……

Et lorsque le temps retient quelque instant le pèlerin dans le magma des ses impressions psychologiques environnementales, l’œil frontal, tel le zoom d’un appareil photo guide la conscience vers une compréhension plus vive, plus nette, des opérations du temps.
Le voyage est difficile, et lent, pour quiconque se complaît encore à croire qu’il déroule l’existence au gré de ses personnels désirs.

Dans le désert virtuel d’un mental programmé, le tissage serré des impressions et des sensations se révèle telle une sombre forêt à l’orée de marécages profonds en lesquels le voyageur peine et s’essouffle.

Et quand bien même il atteint la forêt, s’imaginant se sortir du bourbier exhalant ses humeurs acides, le voyageur osera-t-il, plus loin, plus profond encore, s’engager dans l’ombre, se confronter aux arêtes épineuses des ronciers et du fouillis forestier qui ralentit le périple et enracine l’angoisse et le désespoir ?

Avant même que d’approcher l’orée de la forêt, la tentation est grande de s’abandonner au bourbier, de laisser la vase envahir les sens et d’y enfouir toute conscience au point de n’être plus en mesure d’entendre l’étrange et joyeuse clameur des oiseaux mythiques qui s’ébattent sur la canopée des grands arbres, entonnant le chant d’appel qui entraînera le miraculeux sursaut du pèlerin.

L’appel du vide est un miracle, c'est l’instant de l’abandon, du saut extraordinaire qui emporte le voyageur à l’assaut des drus embroussaillements qui préparent aussi bien le timoré que le téméraire à la pénible traversée de la forêt.

Découvrir la clairière est la plus suave des espérances, mais aussi la plus dangereuse des aventures pour qui s’avance dans l’idée que la réussite de cette traversée est une acquisition personnelle.

La Vie est un langage, la Nature est son chant…

jeudi 25 mars 2010

La colère ....

La colère, sainte ou mauvaise conseillère ?

Selon l’enseignement du Bouddha, les trois sources principales du malheur humain sont l’ignorance, l’avidité et la colère. Pourtant, les maîtres bouddhistes, dans le zen en particulier, entrent dans de retentissantes colères, pouvant aller jusqu’à la violence physique.
Pour les chrétiens, la colère est un des sept péchés capitaux.
Mais Jésus a chassé sans douceur les marchands du temple et s’emportait parfois contre ses disciples (« arrière de moi, Satan »).
Et si le sens commun affirme que la colère est mauvaise conseillère, le langage courant nous dit aussi qu’il y a de « saintes colères ». La colère est-elle toujours à fuir, ou y aurait-t-il de bonnes colères ?
Et comment discerner ?
Pour y voir plus clair, analysons une situation concrète. Quelqu’un me bouscule dans la rue, et la colère m’envahit. Mais cette dernière est-elle le sentiment premier ? Non. Derrière la colère, si j’y prends garde, il y a d’abord une souffrance - par exemple, un sentiment d’humiliation, qui me renvoie à des expériences d’enfant où j’ai eu l’impression qu’on ne tenait pas compte de moi... Et cette souffrance, je n’en veux pas.
Pour ne pas la ressentir, je vais alors me mettre en colère contre la personne qui m’a bousculé, en forgeant l’illusion que celle-ci est la cause de ma souffrance.
En réalité, cette personne n’est que l’occasion qui a réveillé une ancienne émotion.
Et ma colère contre elle n’est qu’une manière d’empêcher cette émotion de refaire surface : une forme d’anesthésie.
En colère, je me détourne ainsi de ma vérité affective, en direction d’un bouc émissaire qui n’a eu d’autre tort que d’entrer en résonance avec un ressenti que je refuse, c’est-à-dire avec mon propre inconscient.La colère est donc une manière de se séparer de soi, de la vérité de ses propres émotions.
Une telle colère, on peut la réprimer à son tour, et l’on est alors doublement coupé de soi ! Il est donc bon d’apprendre à exprimer ses colères refoulées. Mais la colère est elle-même une forme de refoulement, une manière de ne pas éprouver certaines émotions trop douloureuses. Pour cette raison, c’est souvent en accueillant les larmes que l’on guérit vraiment de sa colère.
Mais il est clair que la colère que l’on vient de décrire ne saurait être celle du Christ ou d’un maître zen.
Pour s’en tenir à ce dernier exemple, ce qui caractérise un sage, c’est précisément qu’il ne refuse aucun sentiment. De même que les objets charriés par le courant laissent intact le reflet de la lune dans la rivière, sa conscience accueille et laisse s’en aller chaque émotion qui se présente.
Qu’est-ce donc que la colère d’un maître ?
La simple affirmation d’un désir - par exemple : celui que l’autre soit, qu’il devienne enfin qui il est. La colère, alors, n’est que la manifestation de la puissance de ce désir, face à la force de l’opposition : l’ego, le mental, les défenses et les illusions qui empêchent le disciple d’être vraiment lui-même.

Ainsi existe-t-il deux formes de colère : la colère-refus, qui transforme le refus de ressentir, en haine de l’autre ; et une colère qui dit oui, que l’on appelle une sainte colère, car on sent qu’elle est pure : elle n’est pas fondée sur un refus, elle est un sentiment premier, l’auto-affirmation du désir créateur face à l’inertie de l’obstacle.
La vraie colère est une énergie créatrice, au sens où la création demande de détruire les formes anciennes afin que de nouvelles puissent émerger. En ce sens, la colère divine qui détruit l’ancien (qu’on pense au Déluge) est, malgré les apparences, une colère d’amour.

DENIS MARQUET

lundi 22 mars 2010



Mon Amour, ne me demande rien, je ne sais rien,

Sinon, de n’être pas le regard et cependant voir,
De n’être pas l’écoute et cependant entendre,
De n’être pas l’amour et cependant aimer,
De n’être pas la parole, et cependant parler,
De n’être pas les mots, et cependant écrire,
De n’être pas le silence et cependant se taire,
De n’être pas la souffrance et cependant souffrir,
De n’ être pas la liberté,
Et cependant, d’être libre
D’observer, d’écouter, de parler, de me taire,
D’accepter de souffrir et de comprendre la souffrance,
De sourire, de rire,
Et d’Aimer…

Ne me demande rien, je ne sais rien,
Sinon jouir de la pluralité de l’être
De la fraîche saveur de la rosée du matin,
De la mélodie de l’abeille qui butine,
De la douceur du pas sur l’herbe
De l’âpre ronronnement de la ville
Du claquement des talons sur l’asphalte
Du soleil animant les objets de leur ombre
De la pluie qui clapote sur la fenêtre
Explosant ses gouttelettes au balcon

Ne me demande rien, je ne sais rien
Je ne sais que jouir des beautés de la Terre
Du bruissement de l’Aum universel
Du ruissellement des larmes qui adoucissent les cœurs
Des rires qui éclatent libérant de la misère
Des cris de rébellion qui lavent les hontes
Des chants de joie qui habillent l’instant
Des caresses tendres qui unifient les corps
De l’arôme de l’amour qui ne possède rien
De l’étincelle dans le regard d’en face

Je ne sais qu’oser être
Dans la joie
De ce qu’ici et maintenant,
Nous sommes …

jeudi 18 mars 2010

Le Cri de l'Aigle...



Nouvelle date anniversaire de la naissance de mon premier enfant…
Le temps suit son cours en nos esprits et renouvèle ainsi certaines dates d’importance que nous ne pouvons oublier, quelque chemin de transcendance que nous ayons parcouru…
Et le temps de ce monde marque pour chacun des avènements mystérieux…

Certaines d’entre vous chères amies, et certains d’entre vous aussi chers amis, ont déjà lu lorsque j’écrivais dans Miroirs et Reflets, ce « Cri de l’Aigle », cet instant miraculeux où la femme offre au monde un enfant du verbe…
Pour ma fille dont c’est l’anniversaire,
Pour toutes les femmes connues ou inconnues en instance de ce mystère,
Pour mon fils devenu père,
Pour tous les hommes qui semblent méconnaître l’infinie valeur du principe féminin

Je retranscris, ici, ce « Cri de l’Aigle »….




Accroupie au plus intime de la Terre, éperdue de souffrance et de joie, seule sous le miroir du ciel, une femme accomplit le rite immuable du plus grand des Mystères.
Du monde bouillonnant de clameurs guerrières elle s’est éloignée… De ses bras douloureux elle cerne la rondeur lunaire de son ventre blanc.

Au rythme magicien des battements de son pouls, sous la houle du vent de l’arbre qui pulse sous sa chair, elle respire hâtivement.
L’air est limpide… si limpide, si ténu.
Impossible de le palper. Impossible de le retenir entre ses doigts.
Il n’inscrit là que le mouvement, qu’une vibration légère…

Comme en rappel au désir attractif involontaire, à cette pulsation amoureuse étrangère qui lors d’ébats furtifs lui avaient fait craindre de défaillir, elle s’accroche à l’air, elle le happe, l’engloutit.
Invisible, immatériel, il est le souffle utile, essentiel à ce que dans l’instant, elle se doit d’accomplir…
Ce n’est que par ce fil d’Air qui la relie au monde des Eaux où repose encore le fruit précieux du désir, par cette nourriture infime de l’âme et de l’esprit, que peut surgir la Vie Consciente.
Elle le sait, elle le sent.

Elle-même engendrée par l’air tandis qu’elle dormait assoupie sous les eaux, par les jeux du désir elle est devenue terre fertile.
Et là, maintenant, elle va devenir… Mère.

Tandis que des tourbillons violents agitent ses entrailles visant à expulser du nid des eaux cette nouvelle graine de Vie…
Tandis qu’une onde souterraine soulevée par le vent puissant de l’arbre qui pulse sous la chair, un orage aux lueurs d’un feu électrique inconnu, gronde, et illumine d’éclairs fulgurants le profond de la caverne lunaire…La foudre surgit…. brise les chaînes et les liens du déni de l’espace ouvert …

Un Enfant du Verbe est né.
L’appel de l’Air a effectué son office.

Le monde, s’agitant sans respirer dans les ténèbres des faux espoirs d’irrémédiables attentes déçues, n’a rien entendu du Cri de l’Aigle.


Mutti écrit en mars 2009

jeudi 11 mars 2010

Inconnaissance...



Sous le regard, la forêt s’étend, se niche, dessine la colline, se moquant bien de savoir de quelles essences elle se constitue.
Il n’y a que ce moi, seulement un regard, rien qu’un regard qui, par saccade se fige et croit s’animer au rythme de ses multiples interrogations : qui est celui-ci ? Qui est celui-là ? Qu’est-ce que cela ?

La Nature s’indiffère de ce qu’Elle Est, arbre ou forêt toute entière, vallée ou colline, éléphant ou gardénia, homme de chair ou cristal, Elle Vit…
Elle vit chacune des fractions animatrices de l’Intelligence qui la compose comme une symphonie, toujours inachevée….

Ce ne sont que des éclats de « moi », des personnages, d’ombreux reflets du soi animés d’un mouvement virtuel, alourdis et embarrassés par le flot de leurs faires, qui étiquettent ce qu’ils croient voir en termes d’objets et déclarent formellement toute vision comme une nécessaire possession.
Ne souhaitant rien lâcher de peur de ne plus exister, les personnages nomment et catégorisent ce dont La Nature s’indiffère en Vivant chaque fraction de ce qu’Elle Est Tout Cela.

Dans le centre du regard, qui coexiste avec elle et en elle, sinon la verrait-il, la colline se dissout n’offrant plus d’espace pour se différencier dans le voir … il n’existe plus de différence que pour le savoir, dans la mémoire de ce qu’elle est là et que ce corps est là la contemplant, soudés par l’instant communicatif particulièrement relationnel.

Silence, Immobilité, Immuabilité … Amour.

Le je, reste là, c’est sûr, enregistrant, mémorisant sans le vouloir ni le savoir l’instant sublime d’une rencontre immortelle.
Mémoire … d’une couleur intensément vivante, verdoyante d’une atmosphère irisée de mille et mille vies se côtoyant sans se heurter, dans un espace sans espace qui cependant enregistre et inscrit l’instantané des formes multiples que peut prendre un monde de conscience prévisionnelle.

Que sais-je ? Que savons-nous ?

vendredi 5 mars 2010

Retour... en Miroirs...


Près de la fenêtre, face à la rue qui déroule ses kilomètres vers un ailleurs infini, mon regard accroche la lumière de la colline environnante. Immobile, soudainement coite au profond et au-delà des sens … réalité, miroirs, reflets … que sais-je ?
Tout se trouve confondu dans un instant de paix inimaginable !

La colline, immobile … et ce moi … qui regarde hors de la fenêtre, immobile aussi, la contemplant.
Que sais-je d’elle et de qui la contemple ?
Que savons-nous … du regard, de la fenêtre, de la rue qui déroule ses kilomètres que quelque autre regard tronçonne et mesure ?

Que savons-nous … de la colline qui, en deçà de son immobilité, paraît frémir sous l’air du temps que la pensée désigne quelque instant, à l’extérieur du regard tranquille.
Que veut dire cet instant qui se creuse au fond du regard, qui se gonfle et s’élargit, générant entre elle et ce moi, comme un sourire de reconnaissance, une vallée en laquelle le monde défile, revêtant le site mémorisé de tous les autres paysages possibles …

… et tandis que les maisons de la vallée se dénudent une à une sous la force habile de la pensée qui les gomme ou les reconstruit à la lueur de la mémoire des mondes …

La Nature, alentour, se tient tranquille, toujours elle-même...


Image dans "Miroirs et Reflets" 2007

lundi 1 mars 2010

Place of Spirit


Soen-sa dit : « Où est l’intérieur ? Où est l’extérieur ?
- L’intérieur est ici dedans, l’extérieur est là dehors.
- Comment peux-tu séparer ? Où est la frontière ?
- Je suis à l’intérieur de ma peau, et le monde est à l’extérieur. »

Soen-sa dit : « C’est la peau de ton corps. Où est la peau de ton esprit ?
- L’esprit n’a pas de peau
- Alors où est l’esprit ?
- A l’intérieur de ma tête.
- Ah, ton esprit est très petit ! »

(- extrait d’un dialogue entre le maître zen Seung Sahn - dit Soen-sa et un étudiant)


Lama Denys Teundroup dit :

« L’esprit est le secret le mieux gardé qui soit
car ce qui le cache est ce qui le cherche… »

mardi 23 février 2010

Somewhere... Sometime



"S'il y a des obstacles, ce n'est pas l'infini,

Si cela se compte, il ne s'agit pas d'étoiles,

Si cela tremble ou s'agite, ce n'est pas une montagne,

Si cela croît et décroît, ce n'est pas un océan .....

Si cela passe sur les ponts, ce n'est pas une rivière,

Si cela se capture, ce n'est pas un arc-en-ciel.



Voilà les paraboles des six perceptions extérieures."


Milarepa

dimanche 21 février 2010

De Bleu... et de Vert





" Vigilant et inventif, l'enfant qui n'a ni passé,
ni références, ni jugements de valeur,
vit, s'exprime, joue dans la liberté."

Arnaud Desjardins


mercredi 17 février 2010

Silence de l' Amour...



« L'amour est le miracle d'être un jour entendu jusque dans nos silences, et d'entendre en retour avec la même délicatesse : la vie à l'état pur, aussi fine que l'air qui soutient les ailes des libellules et se réjouit de leur danse. »

Christian Bobin
(Ressusciter )



« Comment sortir de soi ? Parfois cette chose arrive, qui fait que nous ne sommes plus enfermés : un amour sans mesure. Un silence sans contraire. La contemplation d’un visage infini, fait de ciel et de terre. »

Christian Bobin
(Lettres d’or)