
Metro.
La foule se presse sur le quai. Attente. Impatience.
Un homme en colère hurle, invective et bouscule les passants, surtout les femmes…
« Toutes des putains ! Vocifère-t-il …
L’agression, verbale, semble tomber à froid…
Regards d’hommes… Sourires faibles, goguenards … indifférence craintive !
C’est un ivrogne… murmure l’un d’eux, un pov mec !
Quelques femmes assises, se lèvent, s’écartent, s’esquivent…
Une femme, âge certain et assuré, s’approche tout près de l’homme.
Pourquoi, lui dit-elle, en chuchotant l’interrogation…
Pourquoi ne serions-nous toutes que des putains, ne sommes-nous pas avant tout, des amies, des mères, des grands-mères.
La voix douce, interrogative, lève un accent de curiosité dans l’œil de l’homme, interrompt l’invective prête à surgir, inonde la souffrance brûlante de la colère et l’éteint.
L’homme lui fait face, se laisse envahir par le regard bienveillant qui l’invite à s’asseoir…
Parlons de cela, ajoute la femme, voulez-vous ?
S’avisant de la main qui montre le banc, l’homme s’assied.
Une rame se glisse à quai, la foule impatiente s’engouffre dans les wagons.
Sur les bancs de plastique bleu, un homme, une femme, deux êtres, se parlent, doucement...